Aller au contenu

S’assoir ou s’asseoir ?

𝘛𝘶 𝘷𝘦𝘳𝘳𝘢𝘴 𝘣𝘪𝘦𝘯 𝘲𝘶’𝘶𝘯 𝘣𝘦𝘢𝘶 𝘮𝘢𝘵𝘪𝘯 𝘧𝘢𝘵𝘪𝘨𝘶𝘦́, 𝘫’𝘪𝘳𝘢𝘪 𝘮’𝘢𝘴𝘴𝘦𝘰𝘪𝘳 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘵𝘳𝘰𝘵𝘵𝘰𝘪𝘳 𝘥’𝘢̀ 𝘤𝘰̂𝘵𝘦́… 𝘛𝘶 𝘷𝘦𝘳𝘳𝘢𝘴 𝘣𝘪𝘦𝘯 𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘯’𝘺 𝘢𝘶𝘳𝘢 𝘱𝘢𝘴 𝘲𝘶𝘦 𝘮𝘰𝘪, 𝘢𝘴𝘴𝘪𝘴 𝘱𝘢𝘳 𝘵𝘦𝘳𝘳𝘦 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘤̧𝘢…

Quand un verbe vous fait vous arracher les cheveux… Oui, oui.

Ben oui, Alain (Souchon, pour ceux qui n’auraient pas reconnu la chanson) était fatigué, et on ne se demande pas pourquoi.
Écrire une chanson dans laquelle on retrouve le verbe 𝘀’𝗮𝘀𝘀𝗲𝗼𝗶𝗿, il faut être joueur.

Pourquoi ?

Eh bien, tout simplement parce que ce coquin de verbe :

- 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝘀’𝗲́𝗰𝗿𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝗳𝗮𝗰̧𝗼𝗻𝘀 : s’asseoir ou s’assoir (et hop ! un petit coup de rectifications de l’orthographe de 1990) ;

- 𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻 𝘃𝗲𝗿𝗯𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗻𝗮𝗹 (et là, d’emblée, on n’a plus du tout envie de rigoler) ;

- 𝘀𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗷𝘂𝗴𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝗳𝗮𝗰̧𝗼𝗻𝘀 (pour les curieux, allez faire un tour du côté de chez Swann… euh non, sur larousse.fr, vous allez voir, vous allez vous fendre la poire – expression remontant à 1831, quand Charles Philipon représenta la tête de Louis-Philippe en forme de poire – ou pas).

Vous vous demandez peut-être pourquoi j’ai abordé ce sujet, aussi vais-je vous l’expliquer (pour ceux que cela n’intéresse pas, vous pouvez vous arrêter là).

Le métier de correcteur consiste certes à repérer et corriger des fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe ou de typographie, mais nous devons également veiller à la cohérence d’un texte. 𝗗𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗳𝗼𝗻𝗱 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲.
Et parfois, vous vous retrouvez avec 600 pages d’un roman dans lequel trônent fièrement un « je m’assois près de la rivière », puis un « je m’assieds sur la chaise pour profiter du soleil ». En soi, il n’y a pas de faute ici… Mais il aurait fallu que l’auteur fasse un choix, une bonne fois pour toutes, plutôt que de jongler d’une forme à l’autre.
Et c’est là que l’œil du correcteur est nécessaire…
Voire indispensable ! 

Amusant, n’est-ce pas ?

Alors, dites-moi, faites-vous plutôt partie de l’équipe qui 𝘀’𝗮𝘀𝘀𝗼𝗶𝘁 ou de celle qui 𝘀’𝗮𝘀𝘀𝗶𝗲𝗱 ?

Petit + au passage : la forme « assis-toi » n’existe pas (et pourtant, qu’est-ce qu’on l’entend dans les lieux fréquentés par des enfants !)

Allez, je vous laisse, je vais m’asseoir (D𝘢𝘯𝘴 𝘶𝘯 𝘴𝘲𝘶𝘢𝘳𝘦… 𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘲𝘶’𝘦𝘴𝘵-𝘤𝘦 𝘲𝘶𝘪 𝘴’𝘦𝘴𝘵 𝘱𝘢𝘴𝘴𝘦́ 𝘩𝘪𝘦𝘳 𝘴𝘰𝘪𝘳 ? Fans de Souchon, levez la main !).